Pourquoi se faire accompagner lorsque l’on envisage de créer une entreprise ?
Habib : Quand on commence à vouloir valoriser les travaux de recherche en créant une société, on est plongé dans les labos de recherche. On ne réalise pas ce que ça implique de créer une société, c’est pourquoi l’accompagnement a été cruciale pour moi ! Tout seul en partant de zéro, avec mon background de scientifique, créer aurait été impossible. J’ai tout appris sur le tard en même temps que je développais ma technologie. L’accompagnement régional dont j’ai bénéficié a été très conséquent et m’a aussi permis d’accéder à d’autres accompagnements nationaux. Pour exemple, j’ai été lauréat du concours i-phd de la BPI au niveau national, car j’ai été accompagné par les acteurs au niveau régional. Ça qui m’a ensuite donné accès à d’autres formations… Sans accompagnement pour moi, c’est impossible d’y arriver.
Concrètement, comment l’accompagnement du projet s’est construit ?
Habib : Je me suis posé la question de l’entrepreneuriat en 2020 suite à ma thèse obtenue en 2019. J’ai participé au BIM en 2020, organisé par l’université de Montpellier ou j’ai rencontré plusieurs acteurs de l’écosystème : la SATT AxLR, l’incubateur de l’université de Montpellier (maintenant Initium) et le BIC Montpellier. Après cette première rencontre, j’ai bénéficié d’un multi-accompagnement par les 3 structures. Quelques semaines plus tard, je suis rentrée en incubation à l’université et j’ai pu avoir ensuite plusieurs financements pour développer la technologie et passer en maturation notamment par le biais de La région Occitanie, l’université de Montpellier et la SATT AxLR qui a cru au projet et a été notre premier investisseur. J’étais en parallèle chercheur en postdoc ( jeune chercheur engagé en contrat à durée déterminée après avoir soutenu sa thèse) et porteur de projet. Il me fallait monter en compétences sur les thématiques entrepreneuriales afin d’avoir la capacité de créer la société.
Smita : Avec la SATT AxLR, (société d’accélération du transfert de technologies, spécialisée dans la maturation et la commercialisation de projets innovants issus de la recherche publique. Avec son incubateur intégré, la SATT AxLR accompagne les start-ups durant toutes les étapes de leur projet), Habib a d’abord eu un accompagnement pour le développement et la maturation technologique. La voie de la valorisation identifiée était la création d’une start-up portée par Habib qui s’est par la suite fait accompagner pour monter en compétences côté business.
Quel a été le premier « chantier » de travail ?
Habib : Le business plan ! Au moment où l’on a décidé d’aller sur le programme de maturation qui est un gros financement de la SATT AXLR et, afin de pouvoir négocier et discuter des termes de contractualisation entre la future société et la SATT, il fallait être certain que le projet n’était pas que technologique mais bien aussi viable économiquement. Il a fallu réaliser ce business plan et nous avons commencé par faire une étude de marché.
Smita : Le 1er chantier était de préparer la création de l’entreprise. On a pu faire cela en partie avec un financement BFT LAB de la BPI qui passe par un accord du PUI de Montpellier. Grâce au financement, on a travaillé à l’élaboration d’un business plan solide et cohérent, une stratégie de financement adéquate, l’identité de KERVALION et une stratégie de communication entre autres pour mieux anticiper la création de l’entreprise.
Quel a été le moment le plus fort/plus marquant de votre accompagnement ?
Habib : La création a été le 1er moment fort puisque c’était l’objectif depuis le début. C’est un aboutissement de 4 ans de travail que ce soit au niveau de la techno, des équipes car je ne suis pas seul et de l’accompagnement anté-création.
Smita : Les 4 ans de co-accompagnement ont mené à la création de l’entreprise, moment charnière à partir duquel on passe à la phase d’accélération. La création est un moment de bascule pour tous les entrepreneurs. Avant ils sont protégés car il n’y a pas de prise de risque. Après la création il faut y aller ! Réussir à lever des fonds, embarquer les partenaires autour du projet, etc. On prépare tout en amont pour réussir ce moment clé : la création.
Qu’est-ce qui se joue dans la relation entre le chargé d’accompagnement et l’entrepreneur ?
Habib : L’entrepreneuriat ce sont des relations humaines avant tout ! Quand on entreprend on est amené à rencontrer énormément de monde. Tout d’abord il y a un feeling qui se crée avec les personnes qui nous accompagnent. Il faut qu’il y ait une relation de confiance et que l’on sente qu’il y a de la bienveillance. En tant que porteur de projet ou entrepreneur, si on est mal à l’aise avec le chargé d’accompagnement, ça peut mettre des freins au projet car on ne se tournera pas forcément vers cette personne pour trouver les réponses nécessaires. Il y a de très belles personnes dans ces structures de l’écosystème d’accompagnement, qui font parfois plus que leurs missions et c’est ce qui fait avancer l’innovation et l’entrepreneuriat.
Smita : Je dis toujours aux porteurs de projets que « je suis là pour me battre pour vous et votre projet !». On est là en bienveillance, il y a aussi beaucoup d’écoute active car les porteurs détiennent souvent une grande partie des réponses. Au-delà des apports concrets, notre rôle est de challenger et soutenir. Car ce parcours a des hauts et des bas ! Chaque porteur est différent avec des besoins qui peuvent varier avec le temps : certains ont besoin d’un accompagnement très opérationnel, d’autres d’avantage d’un soutien moral. A chaque rendez-vous on s’adapte : parfois on demande “comment ça va?”, parfois “où en êtes-vous ?”
La SATT AxLR fait partie des RésO by AD’OCC, quelle en est la plus-value ?
Smita : Faire partie des RésO by ADOCC permet un partage fluide des informations entre structures d’accompagnement. Cela permet d’orienter les porteurs de projets vers les bons acteurs au bon moment. Sans cela, on travaillerait en silos, sans échanges ni fluidité. C’est une grande richesse de l’écosystème régional : on se connait, on échange, et cela permet un accompagnement beaucoup plus pertinent.
En savoir + sur les RésO By ADOCC et les structures membres.
Quel conseil avez-vous envie de donner aux entrepreneurs/porteurs de projet ?
Habib : Ne pas avoir peur d’échouer ! Quand on a cette envie de création on a beaucoup d’outils pour réussir. L’écosystème est favorable encore plus aujourd’hui qu’il y a quelques années. Si on a un projet qui nous tient à cœur et qui nous motive, ne pas avoir peur de se lancer. Faut y aller !
Smita : Je rejoins Habib, il ne faut pas avoir peur de se lancer ! La région dispose d’un écosystème qui gravite autour des porteurs avec beaucoup de bienveillance et des outils et dispositifs que ça soit au niveau des formations, du financement, etc. Il ne faut pas hésiter à frapper aux portes. Il faut, oser, croire en son projet et s’accrocher.
Et sinon, quelle est la grande qualité de …
Smita : Habib a une grande capacité à fédérer autour de son projet. Je citerais aussi sa résilience.
Habib : Smita est une personne très bienveillante et qui ne nous lâche pas.



